
Souhait spontané
À défaut d’une réalisation de vacuité[1],
Au moins s’exiger la
compréhension de la Vue.
À défaut de cette compréhension,
Au moins s’adonner aux
trois applications[2].
À défaut d’une pratique concluante,
Au moins faire usage
des trois entraînements[3].
À défaut d’un bon usage de ces trois,
Au moins clarifier son
aspiration et son objet (l’Éveil).
À défaut d’une aspiration déterminée,
Au moins envisager les
méfaits de la soif.
À défaut de vouloir raisonner,
Au moins constater nos
insatisfactions (doukha).
À défaut d’en comprendre la cause,
Au moins ne pas s’y
complaire.
À défaut de pouvoir s’aider soi-même,
Au moins ne pas se
refuser d’aider autrui.
À défaut de pouvoir aider l’autre,
Au moins essayer de le
comprendre.
Ne cherchant plus de faute en l’autre,
Nous restons l’ami de
tous les êtres.
Par la compréhension et l’empathie,
Nous restons en accord
avec notre nature ultime[4].
Sincère en notre âme et conscience,
Nous exauçons le souhait spontané[5]
Qui sommeillait en notre cœur intime.
Lama Shérab Namdreul, décembre
2018
[1] Selon certaines classifications, il est dénombré 20 vacuités. Cf. Soleil de Sagesse (Éd. Yogi Ling)
[2] Vue, méditation et conduite
[3] Écoute, analyse et méditation (expérimentation)
[4]
Bodhicitta : Nature primordialement
éveillée de notre esprit avec laquelle nous devons nous recontacter en générant
les dix paramitās.
[5]
Pranidhāna (8e paramita). Amener à son excellence
(paramitā) le souhait (tib. Meun Lam)
inhérent à notre Bodhicitta œuvre spontanément (tib. Meun
Lam Lhun Gyi Droup)